_____Toujours assise en face de Josef, la jeune fille mange lentement son petit déjeuner. Après avoir déjeuner, Heïdi salut timidement le vieil homme et part débarrasser son plateau. Elle remonte vite dans sa chambre et la range. Elle récupère sa vieille veste usée et va la donner à une personne dans le refuge qui en a besoin. Après avoir fait une bonne action, elle mit la veste neuve que lui a offert Enzo et sort du refuge sans vraiment savoir où aller. Aujourd'hui, elle ne veux pas être avec Enzo. Enfin, non pas tout à fait... Elle en a plus qu'envie, mais elle a peur de devenir dépendante de lui. Dans les rues de Paris, une jeune fille a enfin osé sortir seule. Ce n'est plus la petite fille qui reste sous la protection de sa mère, c'est aujourd'hui une jeune femme sûre d'elle. Elle se sent revivre quand elle remarque quelques regards masculins posés sur elle. Elle se sent vivante. Elle n'est plus une ombre qui est restée enfermée dans le refuge depuis son déménagement. Elle est libre. Elle marche fièrement au milieu du trottoir chantonnant. Cela faisait si longtemps qu'elle ne se sentait pas comme ça, d'ailleurs ça ne lui est jamais arrivé jusqu'à ce jour. Elle se sent exister.
_____Heïdi goûte au petits plaisirs de la vie pendant sa longue balade dans la capitale. Aussi simple qu'il soit de s'asseoir sur un banc et de discuter avec une grand-mère ou de se faire insulter par un automobiliste parisien parce que l'on traverse au feu vert. Elle s'amuse seule dans cette ville. Alone in the city... Elle regarde pendant une bonne heure les gens, elle essaye d'imaginer leur vie, elle s'amuse avec leur différents look. Heïdi se lève brusquement d'un banc où elle s'était assise quelques temps auparavant, et va demander l'heure à un inconnu car le ciel s'était assombri. Vingt heures. Elle a passé toute la journée à buller dans une ville nommée Paris dont elle connaît maintenant quelques rues.
_____Elle se décide enfin à rentrer à l'accueil et elle emprunte le trottoir d'un pas pressé. Les mains dans les poches de sa veste, elle avance tête baissée. Puis, elle change de démarche et se décontracte. Elle lève alors les yeux de ses pieds, et découvre une rue animée d'un chaos de piétons qui rentre hâtivement dans leur logis retrouver leurs compagnons et peut-être leurs enfants comme tous les soirs, " une routine infernale " pense Heïdi. Elle voit également les parisiens dans la même situation mais cette fois-ci à l'abri dans leur automobile, piégé entre une Twingo et une Laguna visiblement à l'arrêt. Un embouteillage ne tarde pas à se former et la population de la rue se querelle sous la pression et la fatigue de la journée. La jeune fille assiste furtivement au spectacle quotidient et continu son chemin. A ce moment là, elle ne s'attendait pas du tout à ce qui va se passer...
_____Au détour d'une rue, elle détourne la tête vers la rue piétonne pour traverser mais elle s'arrête net. La personne derrière elle la bouscule en marchant mais elle n'y répond pas et la laisse passer. Ce qu'elle a vu, fige son corps tout entier. Elle reste stupéfaite et immobile au milieu du trottoir. Les passants marchent au ralenti, le temps suspend la cadence pendant une durée inderterminée. La vue qui s'offre à elle lui glace le sang. Ce n'est pas possible. Elle essaye de se convaicre qu'elle rêve. Mais elle n'arrive plus à faire quoi que ce soit. Son cerveau sature à ce moment même. Elle n'entends plus rien. Rien, un silence lourd. Les bruits ruraux ont disparus. Elle ne perçoit que la respiration de cette femme soufflant une épaisse fumée grise, devant elle. Celle-ci ne l'a pas vu, heureusement. Elle n'a toujours pas changé de position depuis l'arrêt brutal de la jeune fille : assise sur les marches des escaliers, les genous penchés vers le même côté, un coude posé dessus, soutenant sa tête de sa main, l'autre occupée à tenir une fine cigarette à peine entamée. Mais qu'est-ce qu'elle fait là ? En plein milieu d'une rue piétonne ! Heïdi essaye de se persuader qu'elle rêve mais en vain, elle est bel est bien là... Portant des escarpins rouge vernis à talon, un collant oppaque sur ses fines jambes, une magnifique robe rouge assorties aux chaussures dont le bas plissé danse légèrement dans un courant d'air, les cheveux détachés, le visage tiré par des rides contrariés et le regard vague, flou : on ne la reconnaîtrait même pas dans la rue. Elle a beaucoup changé. A croire que c'est une autre personne. La jeune fille décide enfin de bouger et s'avance vers la jeune femme.
- Maman ?
La personne en question sursaute légèrement et détourne la tête face à son interlocuteur sans avoir de réaction particulière.
- Depuis quand tu fumes ?
- Ben... depuis euh...
La jeune mère compte sur ses doigts.
- Un... deux... trois... euh, quelques jours je crois. Répond-elle nonchalement.
Heïdi soupire et s'enerve.
- Quoi ? Mais pourquoi ? Maman ! C'est complétement insensé !
Elsa ne répond pas et tire de nouveau sur sa clope.
- Réagi un peu ! Je vais pas te faire la morale ! Ca ne va plus ! Mamaaan ! D'habitude c'est toi qui me préviens de tout ça ... Mais là tu me fait peur. En ce moment je te voit plus, on se parle plus. T'as vu l'heure qu'il est ? Et puis tu vas te bousiller la santé ! En plus ça coùte cher ces cochoneries ! On a déjà assez de problèmes comme ça !
- T'inquiètes ma chérie, j'ai pleins de sous-sous maintenant ! Dit-elle niaisement.
La colère qu'a prise Heïdi laisse place à l'exaspération. L'adolescente s'assoit à côté de sa mère.
- Tu n'est pas dans ton état normal. Donne-moi ça !
Elle arrache le mégot des mains de sa mère et le jette en bas des escaliers.
- Maintenant, répond moi franchement.
Elsa secoue la tête de haut en bas comme une gamine voulant jouer à un jeu.
- Combien de cigarette as-tu fumé ?
- Pfff. J'sais pas.
Heïdi soupire de nouveau.
- Donne moi ton sac.
Elsa lui tend un petit sac en vernis noir. Heïdi l'ouvre et en sors quelques paquets de cigarette vides.
- Eh ben. Trois paquets... Rien que ça ! Mais merde !
- Arrête de crier.
- Que j'arrête de crier ? Alors que ma mère se bousille la santé à fumer et se ramène en costume de canarval de rio ! Il ne manque plus que les plumes sur la tête ! Nan, mais t'as quel âge ? On auras tout vu !
Cette fois Elsa détourne son regard honteux.
- Est-ce que tu es folle ? Ca coùte une fortune ses fringues ! Comment tu les as achetés ?
La mère reprend ses esprits comme un déclic et arrache son sac des mains de sa fille.
- Ca suffit Heïdi ! Je suis assez grande pour décider ce que je dois faire, non ?
- Ben apparament, non !
La main d'Elsa se lève prête à en coller une à sa fille, mais elle fini sa course dans le vide. La réaction de la jeune fille ne fait pas attendre.
- Tu me déçoit maman ! S'écrie la jeune fille en partant brusquement les larmes aux yeux.
Finalement cette journée ne s'est pas terminée comme elle avait commencé.
________________________________________________________Demain est un autre jour
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Bon ben, voilà le nouveau chapitre. Le suivant sera posté le 20 septembre normalement si mon ordi ne beugue pas =S Je ne vous promet rien.
De longs commentaires ?! Et vos petits avis ! =DD
J'espère que votre rentrée c'est bien passée.
Bonne lecture !
Gros Poutoux sur Toutes vos petites Joues (L)