>>>>>Une petite fille de six ans, nommée Heïdi dort paisiblement dans son lit. Les yeux fermés, un sourire discret dessiné sur ses petites lèvres, on pourrait croire qu'elle rêve... Mais non. Elle someille dans un noir complet si absurde qu'il ne peux rassurer personne. Soudain, elle sursaute violemment en faisant frissoner son corps frêle. Des éclats de voix... Elle ne veux pas, non pas encore. Elle enfouit sa tête sous ses couvertures et pleure en silence. Elle veut oublier et dormir sans entendre ces cris.
Mais elle ne pourra rien changer. La petite fille étouffe son chagrin dans son oreiller. N'en pouvant plus, elle sort de sa chambre et s'assoit sur la dernière marche des escaliers et regarde la scène avec tristesse. Une larme perle le long de sa joue blanche... Au fur et à mesure des coups qu'encaisse la jeune femme, son coeur se serre et son corps tremble de peur et de rage.
Elle ne peut plus se retenir, elle éclate en sanglots et hurle le plus fort qu'elle peut en fermant ses petits yeux humides. Puis plus rien, juste un Silence lourd. Sa gorge lui brûle sous l'intensité de son cri perçant. Des pas pesants et sourds s'avancent lentement vers elle. Ce regard qu'elle redoute. Le bruit de cette démarche résonne dans la tête de la petite fille. Elle a peur, elle n'aurait jamais dû crier... Sa respiration se faisait de plus en plus irrégulière. Deux pieds lui appartenant s'arrêtent devant sa tête baissée. Une gifle retentit sur sa joue maintenant rouge. Elle ne sent plus sa joue qui chauffe sous l'ampleur de l'acte mais elle n'a pas mal, ou plutôt elle n'a plus mal.
Elle se lève doucement en frottant frénétiquement sa joue, laissant sa mère à genoux redoublant ses pleurs, de toute façon elle ne pouvait rien faire tant qu'il était là. Oublier...
La petite fille suit alors la direction qu'il pointe fermement de son doigt. Elle remonte dans sa chambre en essayant d'éviter le dur regard de son père. Tenant toujours sa joue, elle fixe une dernière fois sa mère à bout de forces et repart aussitôt sous le regard noir de l'homme. En prenant soin de refermer la porte, elle s'allonge ensuite dans son lit écoutant avec dégout les échos de voix de ses parents.
Sa respiration se fait de plus en plus lente et paisible, elle finit par s'endormir de fatigue, les yeux gonflés, le visage pâle, les cheveux en bataille et son esprit toujours blessé.
>>>>> La jeune fille se réveille en sursaut. Elle transpire. Encore le même cauchemar, encore le même souvenir. Elle essuie d'un rapide coup de manche les gouttes de sueur perlant sur son front. Elle observe sa chambre. C'est une petite pièce assez sombre, avec comme source de lumière naturelle une seule fenêtre. Un matelas recouvert d'une couverture polaire est posé dans un coin à l'opposé d'un poêle encore chaud. Cela fait à peine deux jours que sa mère et Heïdi sont arrivées dans ce centre. A vrai dire elles ne se sentent pas vraiment à l'aise mais elles n'ont pas d'autre choix. La jeune fille de seize ans se relève de son oreiller et se lève lentement. Elle cherche à tâtons la porte pour sortir et sentant le métal froid de la poignée sous sa main, elle sort. Arrivée dans le couloir, elle allume la lumière et cherche la chambre de sa mère. Eblouie par le surplus de luminosité, elle cache ses yeux de sa main puis trouve enfin ce qu'elle cherche depuis maintenant cinq minutes. Elle entrouvre la porte blanche et entre sans faire le moindre bruit. Heïdi ouvre la fenêtre et les volets et s'étonne de ne pas voir sa mère. Elle risque un regard à la pendule accrochée au mur indiquant dix heures et demi. Elle soupire et part se préparer pour rejoindre sa mère qui travaille au restaurant voisin.
En passant dans le refectoire, elle prend un petit pain et se dirige vers la sortie. Une fois de plus Heïdi part l'aider. Elle traverse la rue et rentre dans un petit restaurant "Le P'tit Parisien". Elle salue le patron et sa mère, puis s'installe au bar avec elle. Elsa, la mère de la jeune fille, est serveuse dans ce commerce pour pouvoir gagner le peu d'argent qu'elles possèdent. L'adolescente a abandonné ses études dès la sortie du collège. Heïdi passe ses journées à sourire aux clients et leurs indiquer les toilettes. Elle est devenue une autre depuis qu'il est parti. Elle ne sort pas de ce restaurant ou du refuge : la blonde a peur d'affronter le reste du monde et de faire face aux gens, mais elle se sent de plus en plus seule. Et cette envie grandit en elle, celle de voyager.
A dix-sept heures, Heïdi rentre dans le refuge et dans sa chambre. Elsa finit de travailler qu'à vingt-deux heures, la jeune fille soupire, elle aurait tant aimé avoir une famille unie et une vraie maison. Elle s'ennuie. Elle est seule. Seule...
Elle sort dans le couloir et se promène sans savoir où elle va. Elle s'égare, mais continue de marcher en regardant les portes défiler les unes après les autres. La tête baissée elle rêve d'une vie meilleure. La blonde ne fait pas attention où elle va : ça n'a plus aucune importance à ses yeux. Une larme salée perle sur sa joue blanche.
Dans son élan, elle percute quelqu'un et relève lentement la tête. Un maigre sourire se dessine sur ses lèvres : elle vient de rencontrer le premier jeune homme du bâtiment. A peine arrivée, elle se lassait de tous les vieux SDF qui se réfugient dans cet accueil pour les plus défaforisés. L'inconnu répond à ce sourire, qu'il perd aussitôt quand il remarque ses petits yeux humides. Il lui lance un regard interrogateur. Elle comprend ce qu'il veut lui dire mais elle ne dira rien, non pas maintenant. Elle évite son regard et murmure un faible "Pardon". Sa voix est douce, elle le rassure. Elle est si mystérieuse, elle le fascine. Elle l'évite et s'en va comme si rien ne s'était passé. Il ne bouge plus. Il la regarde s'éloigner. Elle l'attire beaucoup. Beaucoup trop...
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Je sais que la musique ne s'adapte pas au contexte mais je la trouvais agréable pour lire.
De long commentaires ?
Bisous. <3
